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Journal de Quinzinzinzili

JDQ / L’univers messacquien n° 19

5.0 EUR

À LA UNE : Spécial littérature prolétarienne / Marcel Martinet, Henry Poulaille et Régis Messac /

 

C'est avec l'aide de la société des Amis d’Henry Poulaille que le présent dossier a été bâti. Patrick Ramseyer étudie les débuts de Poulaille en littérature, présentant des extraits de sa correspondance et un petit poème en prose, le Voyage à Cythère, seule, paru en 1921 dans le Cri de la Banlieue.

 [Jean-Pierre Bacot], Histoires littéraires, n° 53, printemps 2013, pp 132-133

 

Quinzinzinzili, l’univers messacquien, n° 19

 

Quinzinzinzili, a l’heureuse idée de consacrer son numéro 19 à la littérature prolétarienne et, ainsi, de contribuer à la connaissance de cette question littéraire et politique que la recherche délaisse quelque peu. Ce numéro présente d’abord deux des principaux « théoriciens » de la littérature prolétarienne avec lesquels Régis Messac a discuté : Marcel Martinet et Henry Poulaille. On voit tout de suite que l’ambition de la revue n’est pas de traiter de la question de la littérature prolétarienne en soi, puisque le populisme de Thérive ou les positions des communistes ne sont qu’évoqués dans les articles, mais d’éclairer les rapports de Messac avec les figures fondatrices de cette littérature, et de mettre en lumière la pensée de Messac sur les modifications que cette écriture provoque dans le champ culturel. Les lettres et les articles de Messac révèlent ainsi sa pensée sur le devenir de la littérature. L’attention qu’il porte à ces « voix d’en bas » est indéniable – François Ouellet l’a souligné dans le numéro 11 (2012) d’Aden et ce numéro permet d’en percevoir les raisons. Cette littérature du prolétariat participe, pour reprendre un titre de Régis Messac, d’une « Révolution culturelle », à entendre ici comme un renversement des paradigmes constitutifs de ce qui fait la valeur d’une œuvre. En effet, la littérature prolétarienne, parce qu’elle comporte une part documentaire essentielle contribue à déconstruire le roman considéré comme un genre bourgeois : « si par grand hasard on réussissait à faire des romans vraiment prolétariens, on s’apercevrait aussitôt que ce ne sont plus des romans ». Cette littérature prolétarienne, dont on comprend qu’elle est un oxymore pour Messac, n’est qu’une étape sur le chemin de la modification du rapport à l’art : le temps d’une pratique individuelle est révolu parce que « le cinéma et la musique phonographique empiéteront de plus en plus sur le temps jadis réservé à la lecture ». L’expérience collective se substituera  à  toute pratique esthétique individuelle. La littérature prolétarienne est le symptôme d’une modification culturelle bien plus radicale qui repose sur l’émergence d’une autre nature humaine. Ce numéro nous introduit donc  dans ce débat sur la culture et la littérature prolétariennes où l’enjeu n’est rien moins que la définition de l’humanité. 

 

Jean-Luc Martinet, Aden, Paul Nizan et les années 30, n° 12, oct. 2013, p. 265-266

Quinzinzinzili, n° 19, automne 2012